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L’élevage des porcs, une activité génératrice de rendement par excellence
Written by Mamadu Aliu Djalo   

porc3Le Projet de Diversification Intensification et Valorisation des Produits Agricoles Locaux (DIVA) en Guinée-Bissau, financé dans le cadre du Programme Italien pour la Sécurité Alimentaire a introduit le système intensif d’élevage des animaux de cycle court dans les zones d’intervention du projet, qui a connu un grand engouement et un intérêt particulier pour les bénéficiaires du projet en général et les éleveurs en particulier. Ce projet, mis en œuvre dans les régions d’Oio et de Bafata, depuis juillet 2008 a appuyé les communautés bénéficiaires de quarante(40) villages, vingt par région, dans différents domaines, notamment la diversification de la production agro-pastorale, le renforcement des capacités techniques et organisationnelles des groupements bénéficiaires et l’amélioration de la stratégie de transformation, conservation et commercialisation des produits excédentaires.

Dans l’amélioration de la stratégie de commercialisation, les activités de maraichage et de l’élevage des animaux de cycle court ont été identifiées comme prioritaires, devant la construction des magasins inter villageois, la construction des puits pour l’arrosage des périmètres maraichers, pour améliorer la diète alimentaire et créer des richesses dans les communautés des zones d’intervention du projet jugées vulnérables en matière de sécurité alimentaire.

Aussi le projet a financé l’achat et la distribution des ânes et des charrettes, pour les quarante villages des deux régions (un âne par village + une charrette), afin de faciliter le transport des produits, des champs vers les villages ou les centres d’écoulement au niveau des marchés hebdomadaires.

Au niveau du volet de l’élevage des animaux de cycle court, des espèces suivantes ont été choisies par les éleveurs : des Ovins, Caprins, Porcins et de la Volaille, dans les cinq secteurs administratifs, notamment Bissora, Nhacra dans la région d’Oio et Contuboel, Ganado et Bambadinca dans la région de Bafata des zones couvertes par le projet.

Les musulmans ont choisis un peu de toutes les espèces, sauf les porcs et les animistes et certains catholiques, ont généralement fait le choix des porcs, suivant les mœurs et coutumes de chaque catégorie sociale, car le porc n’est pas consommé par les communautés musulmanes.

Toujours au niveau du volet de l’élevage, les activités du projet, ont été d’approvisionnement en matériels pour la construction des abris, la formation des éleveurs en techniques améliorées d’élevage de ces animaux identifiés par eux-mêmes, la fourniture des médicaments vétérinaires et l’achat et la distribution des géniteurs à crédit.

En effet, il est bon de signaler que, tous les équipements et matériels fournis dans le cadre du projet sont a crédit qui doit être rembourse au taux de 30%, cet argent est géré par les structures organisationnelles des villages et servira au réinvestissement dans les activités de développement des groupements villageois, avec l’accompagnement des ONG et des Directions régionales du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural des zones couvertes par le projet.

Dans la région d’Oio concrètement le secteur de Bissorâ, au village de Fontcho, les foyers des éleveurs des porcs ont réussi le pari de sortir du système extensif de l’élevage des porcs à celui intensif qui, aujourd’hui  leur apporte un réel rendement, en moyens de lutte contre la faim et de résolution des problèmes sociaux.

Dans ce village, les éleveurs encadrés par le projet, profitant du temps de reproduction court des porcs, une période gestation de (3 mois, 3 semaines et 3 jours) de l’accouplement à la mise bas, une femelle peut donner naissance, de 4 à 10 ou plus de porcins par accouchement, suivant la race, le régime alimentaire et les soins de santé auxquelles elle a été élevporc1ée.

Les éleveurs de ce village, ont adopté un mécanisme simple et consensuel, de redistribution de leurs rendements de l’élevage des porcs (les porcins) entre les différents membres des foyers ou groupements d’intérêt du village.

Ce système consiste à l’approvisionnement rotatif des porcins aux éleveurs des groupements d’intérêt ou foyers retenus du village, suivant leur niveau d’organisation et la dynamique dans la gestion des biens matériels fournis dans le cadre du projet.

Le nouveau bénéficiaire paie seulement la moitié de la valeur réelle de chaque unité d’animal a recevoir (au prix du marché local) au compte des charges d’alimentation et de logement qui ont été assurées par l’éleveur fournisseur.

Ce système est partagé aujourd’hui par tous les éleveurs de toutes les espèces citées plus haut, encadrés dans le projet, malgré que le niveau de réussite varie d’un foyer à un autre.

Importance socioéconomique du porc dans les zones d’intervention du projet

Le porc est un animal de grand prestige pendant les cérémonies funéraires, d’initiation, de mariage, beaucoup plus observées en milieu animistes de la région d’Oio.

A part sa viande qui est d’une grande valeur alimentaire, très appréciée, le porc a une grande valeur commerciale en Guinée-Bissau, il est vendu entre 20.000 FCFA à peu près 40 Dollars, pour les tous petits après le sevrage, jusqu’ à 100.000 FCFA équivalent à 200 Dollars, pour les adultes par unité, suivant la taille, l’âge et la race, a confirmé l’éleveur Augustinho Yala du village de Fontcho.

porc2Aujourd’hui ces éleveurs n’ont besoin que d’un renforcement de leurs capacités en techniques de production de rations alimentaires et de soins de santé animale, pour mieux prendre en mains leur destin, car le pays ne dispose pas suffisamment des agents zootechniciens pour garantir un suivi efficace et rapproché et apporter les soins de santé nécessaires à ces animaux.

En plus, il manque des pharmacies vétérinaires et unités de production des rations alimentaires pour satisfaire les besoins en aliments et soins de santé, aux animaux d’élevage, confinés au niveau des abris pour éviter leur divagation, et le risque de contamination.

Le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural à travers ses services techniques au niveau des régions et ses partenaires au développement, sont engagés à poursuivre ces activités, capitaliser les acquis du projet, pour un développement durable et la lutte contre l’insécurité alimentaire dans tout le pays, inclus les zones couvertes par le projet, qui est appelé à prendre fin un jour.